|
Considérée tantôt
comme ''la plus belle ville'' d'Afrique en terre
battue, Djenné constitue un bel exemple d'ensemble
architectural du Moyen - âge africain (VII - XVIII
siècle). En outre, la ville possède un important
patrimoine archéologique, artistique et artisanal.
1- Cadre géographique
Située au 13°54'16''
latitude nord et 4°33'35'' longitude Ouest, la ville
de Djenné est à 125 km au sud-ouest de Mopti, capitale
de la 5è région économique du Mali.
Elle s'étend sur une
île de 88 ha qui est la réunification de 4 îlots,
dans un système d'eau enchevêtré constitué par le
Bani à 4 km à l'est de la ville, avec leurs bras
et de nombreux marigots coulant en tous sens.
Cette situation particulière
fait de Djenné et environs une partie typique du
Delta central Nigérien à telle enseigne que Jean
Gallais parle de ''Delta de Djenné''.
Emprisonnée dans l'inter
fleuve Bani-Niger, Djenné est reliée à l'axe routier
Bamako - Mopti par la route de SANOUNA (à ce niveau
la traversée est assurée par un bac motorisé) prolongée
par une digue de 20,5 km que complète une voie goudronnée
sur une trentaine de kilomètre au total.
Djenné connaît un climat
du type sahélien caractérisé par une saison pluvieuse
(appelée communément hivernage) de Juillet à Septembre
et une longue saison sèche de Novembre à Mai. La
hauteur moyenne annuelle des précipitations est
comprise entre 400 et 600 mm.
2- Aperçu historique
Les premiers occupants
de Djenné furent les Bobo ou Bwa, mais cette occupation
fut éphémère et localisée dans la partie ouest de
la ville, à savoir KANAFA. L'actuelle ville de Djenné
serait fondée vers la fin du IXè Siècle début Xè
siècle par les MARKA du clan NONO, originaires de
DIA. En souvenir de leur ville natale, ils donnèrent
à la nouvelle ville le nom de Diani, petite Dia.
Par déformation, cette Diani donnera Djenné.
D'autres versions
se rattachent, aussi, à la fondation de Djenné,
parmi lesquelles nous pouvons retenir : la version
musulmane, le sacrifice de la jeune fille Tapama.
En plus de ces versions, l'archéologie apporte de
plus en plus un éclairage sur l'histoire de Djenné.
En effet, elle fait remonter l'occupation humaine
dans cette région à 250 ans avant Jésus Christ,
sur le site de Djenné Djeno à 3 km au Sud de Djenné,
grâce aux travaux des chercheurs Américains Rodrick
James Macintosh et Suzane Macintosh.
Cette occupation a
duré jusqu'à 1.400 ans après Jésus Christ et a produit
une civilisation urbaine authentique, ouverte sur
l'extérieur. Cette civilisation, à l'état actuel
des recherches, est considérée comme la plus ancienne
en Afrique. Djenné de par sa position géographique
stratégique, à cause de la richesse de ses multiples
plaines agricoles et mares piscicoles, suscita très
tôt, la convoitise des différents pouvoirs politiques
qui se sont succédés dans le Soudan Nigérien. Ainsi,
elle connut successivement les dominations Mandingue
du XIIIè siècle au XVè siècle, Songhay de 1468 à
1598, l'occupation marocaine de 1598 à 1792, les
hégémonies Poulo-Toucouleur de 1818 à 1893 ; enfin
la colonisation française du 12 Avril 1893 au 22
Septembre 1960.
3- Aperçu sur le population
La population de Djenné
se caractérise par la présence d'un grand nombre
d'ethnies. Cette présence se justifie par la position
privilégiée de Djenné, position de carrefour de
peuples aussi divers que les Marka, les Songhoy,
les Bozo, les peul avec lesquels sont venues se
brasser d'importantes minorités Bambara, Sarakolé,
Bozo, Dogon et Mossi. De ce brassage naquit une
civilisation originale typiquement Djennenke.
Selon le recensement
administratif on comptait en 1987 12 152 habitants,
en 1990 12 7074 habitants qui s'expriment en plusieurs
langues et qui cohabitent dans un cousinage séculaire
: exemple peul - Mossi - Diawanbé-Sarakolé.
|